Théâtre : note d'intention de l'auteure et de la metteuse en scène

Le conflit et l’amour ont profondément marqué ma vie.
Durant ma jeunesse, le conflit m’a heurtée de plein fouet. Pour y survivre, j’ai dû apprendre à
écouter, à me soumettre, mais aussi à tester le silence et/ou la force de la sincérité. Les années
passant, j’ai compris que le conflit, en remettant en cause mon mode de fonctionnement, risquait
de menacer mon intégrité. Un vrai fléau !Heureusement, enfant, j’avais aussi reçu de l’amour.
C'est donc tout naturellement que j’ai opposé l’amour au conflit. Mais que faire lorsque les
conflits relèvent de l’amour ?
Durant ma vie professionnelle, mon travail de journaliste portant sur la recherche du bien-être
physique et moral dans le mode de vie asiatique a été une tentative de réponse à ce conflit qui
avait « occupé » ma vie. Parallèlement, douze ans de pratique de théâtre amateur m’ont donné
envie d’écrire une pièce. Sa thématique tombait sous le sens : apporter des solutions au conflit en
général. Il me fallait trouver un antidote au conflit et le partager avec le public : le bien-être !
C’était dit. Le tout dans la cellule familiale. Pourquoi ? Parce que de la famille, émane
l’éducation, le comportement, la curiosité de notre vie future…
La genèse de cette pièce m’a demandé environ trois ans. Le premier jet a été terminé en 2013.
En 2015, afin de donner vie à mon projet, j’ai fait une première lecture de ma pièce entre amis,
amateurs de théâtre. Leurs retours m’ont amenée à y apporter des améliorations au cours de 2016
et 2017. Les sept personnages se dessinant de mieux en mieux, j’ai fini de les sculpter avec leur
passé. La famille était née.
Au commencement était Daniel. Le rideau s’ouvre sur un volcan en éruption. Seul sur scène,
Daniel rumine son désarroi… Sa femme Andréa est en retard, il ne le supporte pas, il est jaloux, il
s’énerve. De surcroît, les toilettes de l’appartement sont bouchées et rien n’y fait. Ça le rend fou !
Pour calmer le conflit, il me fallait recourir à un être versé dans l’apaisement des choses. Ce sera
Andréa, sa femme, qui cultive le bien-être pour ne pas perdre le chemin de l’amour.
L’attachement d’Andréa à aider ceux qui souffrent autour d'elle veut toucher les spectateurs,
comme veut les toucher la force d’une famille unie. Pour les prendre par la main, il y a aussi les
deux amies qui s’interrogent sur leur égarement et se remettent en question en aparté. On pourra
aussi apprécier l’intelligence de coeur avec laquelle Mathilde (une des filles) parvient à
réconcilier ses parents, la métamorphose d’Angèle, personnage papillon de la pièce et la fraicheur
d’Antoine.

Note de la metteuse en scène
Un décor simple à minima qui représente la façade arrière de la maison familiale. L’action se
déroule dans le jardin, en extérieur. La nature qui nous relie à nous-même.
Au milieu des sept personnages, et au centre du décor, j’ « expose » une chasse d’eau pleine dans
un rôle fondamental. Serait-elle l’élément poétique de la pièce?
En partant de la cellule familiale, j’ai choisi de construire ma mise en scène autour de la chasse
d’eau. Au fil du temps, les comédien.ne.s interagiront avec elle afin de nous la dévoiler.
Simultanément, les personnages se révèleront aussi… . Amour filial, mais aussi de la fratrie.
C’est grâce à lui que les conflits osent se dévoiler. Sous le regard bienveillant des plus
expérimentés, les non-dits se libèrent. La fluidité de la chasse d’eau nous apaise. Le couple
Andréa-Daniel trébuche, s’agresse certes, mais garde vivant son amour. Au fil de l’eau, suspens
et drôlerie nous emportent dans l’univers de la pièce et la relativité des problèmes. Le bien-être
les apprivoisera-t-il ?
De clin d’oeil en clin d’oeil, la chasse d’eau rythme la pièce de ses sons inédits, fougueux ou
tranquilles. C’est cool le bruit d’une chasse d’eau qui s’écoule !

' Ta bouche est une nourriture à savourer les mots '

                   © Ariane Angeloglou

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